Où signaler des spams abusifs en France ?
Recevoir un message suspect, un SMS douteux ou un appel commercial insistant n’a rien d’anodin. Pour réagir correctement, il faut d’abord identifier le type de spam, puis choisir le bon canal de signalement. La CNIL, la plateforme 33700, Signal Spam et PHAROS répondent chacun à des situations différentes, avec des démarches simples à suivre.
Synthèse :
Nous vous recommandons d’identifier rapidement le canal de réception, de ne pas interagir avec le message reçu et de le signaler au service adapté, afin de réduire les risques et d’accélérer la prise en charge.
- Avant toute manipulation, ne cliquez pas sur les liens et n’ouvrez aucune pièce jointe, conservez une copie du message pour le signalement.
- Pour un email ou un phishing, utilisez Signal Spam (création de compte et module recommandés) pour transmettre l’en-tête et les éléments contextuels.
- Pour un SMS ou un appel commercial, transférez le SMS sans commentaire au 33700 et, pour un appel, envoyez « spam vocal » suivi du numéro si demandé par la plateforme.
- Si le message renvoie vers un site frauduleux ou une escroquerie en ligne, signalez le contenu sur PHAROS (internet-signalement.gouv.fr) et, en cas de perte financière, déposez plainte auprès des autorités compétentes.
- Si l’expéditeur est identifié et persiste malgré une demande de retrait, saisissez la CNIL ou engagez une plainte; pour un appui opérationnel, contactez Info Escroqueries au 0 805 805 817.
Comprendre le spam abusif : définition et types concernés
Le spam désigne l’envoi massif de messages non sollicités par voie électronique. Cela concerne les e-mails, les SMS et certains appels vocaux, lorsqu’ils sont envoyés sans accord préalable ou malgré un refus déjà exprimé.
Le phishing, aussi appelé hameçonnage, va plus loin. L’objectif n’est pas seulement d’importuner, mais de tromper la victime pour obtenir des données personnelles, des identifiants ou des coordonnées bancaires. Un faux message de banque, une fausse livraison ou une prétendue mise à jour de compte relèvent souvent de cette logique.
Il faut aussi distinguer le spam du démarchage téléphonique abusif et des autres escroqueries en ligne. Un appel commercial répété n’a pas la même nature qu’un mail frauduleux ou qu’un site créé pour voler de l’argent. Le bon réflexe consiste donc à observer le canal utilisé, puis à agir en conséquence.
Dans tous les cas, la CNIL et Cybermalveillance.gouv.fr recommandent une règle simple, ne pas répondre, ne pas ouvrir les pièces jointes, et ne pas cliquer sur les liens ou images contenus dans le message suspect. Cette prudence limite les risques de vol de données ou d’installation de logiciel malveillant.
Quel service utiliser selon le type de spam rencontré ?
Le choix du service dépend surtout du support utilisé pour la tentative de fraude. Un e-mail ne se signale pas comme un SMS, et un site frauduleux ne se traite pas comme un message commercial intrusif.
Signalement des spams e-mail et phishing
Pour les e-mails indésirables, la plateforme Signal Spam est la référence. Il s’agit d’un portail officiel public-privé qui permet à toute personne de signaler un message suspect ou un spam reçu dans sa messagerie.
L’inscription est gratuite, mais elle demande la création d’un compte. Ensuite, il est possible d’installer un module compatible avec plusieurs environnements, notamment Thunderbird, Outlook, Mail pour Mac, ainsi que des extensions pour Chrome, Safari ou Firefox selon l’usage de la messagerie.
Le signalement peut se faire depuis l’interface de messagerie ou depuis l’espace personnel Signal Spam. Cette souplesse facilite le traitement des e-mails suspects, y compris lorsqu’ils relèvent du phishing. Cybermalveillance.gouv.fr recommande d’ailleurs Signal Spam pour les spams classiques comme pour l’hameçonnage.
Pour un message frauduleux, il reste utile de conserver une trace du courriel sans interagir avec lui. Cela permet de signaler plus précisément l’expéditeur, l’objet du message et les éléments de contexte utiles à l’analyse.
Le tableau ci-dessous résume les principaux services selon le canal de réception.
| Type de message | Service de signalement | Action attendue |
|---|---|---|
| E-mail suspect ou spam | Signal Spam | Créer un compte, installer le module, puis signaler le message |
| Phishing par e-mail | Signal Spam, et parfois PHAROS | Signaler le message et, si besoin, le site frauduleux |
| SMS abusif | 33700 | Transférer le SMS sans commentaire |
| Spam vocal | 33700 | Envoyer « spam vocal » suivi du numéro appelant |
| Escroquerie ou site illicite | PHAROS | Signaler le contenu en ligne concerné |
Signalement des spams SMS et spams vocaux
Pour un SMS abusif, la procédure passe par le 33700. Il suffit de transférer le message à ce numéro, sans ajouter de commentaire. Un SMS de retour demande ensuite d’envoyer le numéro de l’émetteur, ce qui permet de identifier la source du message.
Le service 33700 traite aussi les spams vocaux. Dans ce cas, il faut envoyer par SMS la mention « spam vocal » suivie du numéro appelant, ou utiliser le formulaire en ligne proposé par la plateforme. Cette démarche vise à documenter les appels indésirables et à favoriser leur traitement par les opérateurs.

Le service est gratuit pour les clients de Bouygues Télécom, Orange France et SFR. Il s’applique aux SMS et MMS suspects, ce qui en fait un outil adapté lorsqu’un message publicitaire ou frauduleux se répète sur mobile.
En parallèle, il est possible, selon le téléphone, de bloquer directement le numéro. Cette option varie d’un modèle à l’autre, mais elle peut limiter les appels futurs si le numéro reste visible dans l’historique.
Signalement d’un contenu ou d’une escroquerie en ligne
Lorsque le spam renvoie vers un site frauduleux, un faux formulaire ou une escroquerie plus large, la plateforme PHAROS devient le bon relais. Accessible sur internet-signalement.gouv.fr, elle sert à signaler les contenus illicites et les fraudes en ligne.
Cette démarche est pertinente dès que le problème dépasse le simple message reçu. Un faux site marchand, une arnaque à l’investissement ou une page créée pour récupérer des données bancaires relèvent de ce cadre. PHAROS permet alors de signaler le contenu, pas seulement le message d’entrée.
Pour des sollicitations commerciales non désirées par e-mail, la CNIL prévoit aussi une procédure de plainte dédiée. Cette voie s’utilise surtout lorsque l’expéditeur est identifié et persiste malgré une demande de retrait.
Bonnes pratiques et précautions à prendre lors du signalement
Avant tout signalement, il faut garder une attitude de prudence. Ne jamais cliquer sur un lien suspect et ne jamais ouvrir une pièce jointe inconnue avant d’avoir vérifié la nature du message. Cette discipline évite bien des complications.
Pour un SMS publicitaire abusif, la CNIL indique qu’un envoi de STOP au numéro expéditeur peut permettre de se désinscrire. Si l’on souhaite obtenir davantage d’informations sur l’entreprise, le mot CONTACT peut être envoyé afin d’obtenir les coordonnées légales, comme le RCS, la dénomination sociale ou le service client.
Une autre erreur fréquente consiste à mélanger les plateformes. Signal Spam concerne surtout les e-mails, 33700 les SMS et les spams vocaux, tandis que PHAROS traite les sites douteux et les escroqueries plus générales. Utiliser le bon outil accélère la prise en charge.
Il faut aussi distinguer le signalement d’une plainte. Le signalement alerte une plateforme, la plainte CNIL intervient lorsque l’expéditeur est identifié malgré une demande de désinscription, et la plainte pénale devient pertinente en cas d’escroquerie avérée ou de préjudice subi.
Cas particuliers et conseils selon la situation de la victime
Tout utilisateur peut signaler un spam ou un phishing via Signal Spam, quel que soit son mode de consultation de la messagerie. Les modules proposés fonctionnent avec un logiciel de messagerie comme avec un webmail, ce qui simplifie la démarche pour la plupart des cas courants.
Lorsque les démarchages téléphoniques abusifs persistent malgré le retrait du consentement, un recours complémentaire peut être envisagé via Signal Conso. Si l’usage des données personnelles paraît abusif, un signalement à la CNIL peut également être justifié.
Si l’expéditeur est clairement identifié et continue à envoyer des messages malgré une demande de désinscription, une plainte auprès de la CNIL devient envisageable. Cette voie est adaptée aux situations répétées où l’organisme ignore la volonté exprimée.
En cas d’escroquerie avérée, notamment si une manipulation a entraîné une perte d’argent, il faut déposer plainte auprès du commissariat, de la gendarmerie ou du procureur de la République. Le service Info Escroqueries, joignable au 0 805 805 817, peut aussi orienter la victime du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30.
En résumé, le bon réflexe consiste à identifier le canal, à ne pas interagir avec le message, puis à utiliser le service adapté. Cette méthode simple permet de signaler plus vite, plus juste, et avec de meilleurs résultats.
